Le renouvèlement du bail commercial

Le renouvèlement du bail commercial

Le renouvèlement du bail commercial est soumis à des règles juridiques strictes, que le bailleur et le loueur sont obligés de respecter.

Le droit au renouvèlement du bail commercial est d’ordre public, c’est-à-dire qu’aucune clause ne peut s’y opposer. Dans la pratique, le bailleur pourra :

  • soit proposer le renouvèlement à la fin du bail ou accepter la demande de renouvèlement formulée par le locataire
  • soit refuser le renouvèlement en versant une indemnité d’éviction
  • soit refuser le renouvèlement en invoquant un motif légitime, ce qui lui évite le paiement de l’indemnité d’éviction.

La notion de « droit au renouvèlement » peut donc prêter à confusion. En réalité, le locataire bénéficie plutôt d’un « droit à indemnité » en cas de refus de renouvèlement par le bailleur.

Les conditions du renouvèlement

Pour pouvoir bénéficier de ce droit au renouvèlement du bail, le locataire doit satisfaire un certain nombre d’exigences :

  • Le locataire doit en principe être de nationalité française, sauf les commerçants, artisans et industriels
    • qui ont combattu dans les armées françaises et alliées pendant les guerres de 1914 et de 1939
    • qui ont un enfant de nationalité française
    • qui sont ressortissants de l’Union européenne
    • lorsqu’il existe une réciprocité législative dans leur pays d’origine
  • Le locataire doit être propriétaire du fonds de commerce, même si ce fonds est exploité par un tiers (par exemple en cas de location-gérance).
  • Le fonds de commerce doit avoir été exploité de manière réelle et régulière au cours des trois années précédant la fin du bail. Si ce n’est pas le cas, le locataire doit alors pouvoir justifier de motifs légitimes de non-exploitation pour bénéficier du droit au renouvèlement (Art. L145-8 et Art. L145-43 du Code de commerce).

Exercice du droit au renouvèlement

Dans le processus de renouvèlement du bail, l’initiative appartient d’abord au bailleur.

Le congé donné par le bailleur

Au moins six mois avant la date d’expiration du bail commercial, le bailleur peut délivrer un congé au locataire, congé qui doit être donné par acte d’huissier.

Ce congé comporte généralement une offre de renouvèlement du bail, que le locataire peut accepter ou non.
Mais le bailleur peut aussi délivrer un congé sans offre de renouvèlement en proposant donc une indemnité d’éviction. Au locataire ensuite d’accepter ou non cette offre. S’il ne propose pas d’indemnité d’éviction, le bailleur doit invoquer un motif grave et légitime.
Le bailleur bénéficie d’une faculté de rétractation : il peut revenir sur son offre de renouvèlement ou sur sa proposition d’indemnité d’éviction pour un motif grave et légitime, découvert après l’envoi de son congé. Il peut également se rétracter s’il parvient à prouver que le contrat de location n’est plus soumis au statut des baux commerciaux.

La demande de renouvèlement par le locataire

S’il n’a pas reçu de congé dans les délais légaux précisés ci-dessus, le locataire peut formuler une demande de renouvèlement par acte d’huissier. Cette demande doit être formulée obligatoirement dans les six mois précédant la date d’expiration du bail, faute de quoi elle est frappée de nullité.
Ce délai se calcule de date à date

Le bailleur doit formuler sa réponse par acte d’huissier dans les trois mois qui suivent la réception de la demande. Faute de quoi, il est supposé avoir accepté le principe du renouvèlement.
Si le bailleur refuse le renouvèlement, il doit impérativement préciser dans sa réponse que le locataire dispose d’un délai de deux ans pour contester ce refus de renouvèlement ou exiger le versement d’une indemnité d’éviction. Même s’il accepte le renouvèlement, il peut là encore revenir sur sa décision pour un motif grave et légitime.

La reconduction tacite du bail commercial

Si le bailleur ne délivre pas de congé et si le locataire ne formule pas de demande de renouvèlement, le bail se poursuit par tacite reconduction pour une durée indéterminée. Le bailleur peut alors délivrer un congé à tout moment avec un préavis d’au moins six mois. De même que le locataire peut formuler à tout moment une demande de renouvèlement.

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